« Ils ont peur de nous ! » Zubby Michael lâche une bombe sur les acteurs Igbo
Zubby Michael : « Certains dirigeants de Nollywood ont peur de créer leurs propres concurrents »
Et si certains jeunes talents étaient privés d’opportunités non pas parce qu’ils manquent de talent, mais justement parce qu’ils pourraient devenir trop forts ? C’est l’affirmation choc faite par l’acteur nigérian Zubby Michael, qui vient de relancer le débat sur le manque de soutien accordé à certains talents dans l’industrie du divertissement au Nigeria.
Lors d’une interview avec Broadway TV, Zubby Michael a affirmé que certains dirigeants et acteurs influents de Nollywood hésiteraient à accompagner ou à former de jeunes talents Igbo par peur de voir émerger de futurs concurrents.
Selon l’acteur, certains professionnels établis craindraient particulièrement la rapidité avec laquelle les jeunes talents peuvent apprendre. Pour lui, une personne ayant consacré plusieurs années à maîtriser un métier peut transmettre son expérience à un débutant, avant de voir ce dernier atteindre un niveau comparable en beaucoup moins de temps.
« Les Igbos apprennent rapidement et sont capables de réussir avec peu », a notamment expliqué Zubby Michael, estimant qu’un talent pourrait apprendre en quelques mois ou quelques années ce qu’un professionnel a mis une décennie à maîtriser.

Le mentor qui finit par créer son propre rival
C’est précisément ce scénario qui, selon Zubby Michael, pousserait certains dirigeants à garder leurs connaissances et leurs opportunités pour eux.
L’acteur explique qu’un professionnel peut décider de prendre un jeune talent sous son aile, lui apprendre les secrets du métier et lui ouvrir certaines portes. Mais une fois suffisamment expérimenté, ce jeune pourrait décider de voler de ses propres ailes, créer son entreprise ou développer sa propre carrière.
Il deviendrait alors potentiellement un concurrent direct de celui qui l’a formé.
Pour Zubby Michael, cette peur expliquerait en partie pourquoi certains talents auraient du mal à obtenir le soutien nécessaire pour progresser dans l’industrie.

Même certains dirigeants Igbo seraient concernés
La déclaration de l’acteur devient encore plus intéressante lorsqu’il précise que cette situation ne concernerait pas uniquement les professionnels issus d’autres communautés.
Zubby Michael affirme que certains dirigeants Igbo eux-mêmes seraient réticents à soutenir de jeunes talents Igbo, précisément parce qu’ils craindraient d’être dépassés par leurs protégés.
Selon lui, certains professionnels auraient peur qu’un jeune acteur, producteur ou entrepreneur qu’ils ont contribué à former finisse par connaître davantage de succès qu’eux.
Cette situation créerait alors un véritable cercle vicieux : les professionnels expérimentés hésitent à transmettre leur savoir, tandis que les jeunes talents peinent à trouver les personnes capables de les guider et de leur donner leur première grande opportunité.
Une question qui dépasse Nollywood
Au-delà de la question de l’origine ethnique, les propos de Zubby Michael soulèvent un problème beaucoup plus large : la peur de la concurrence peut-elle empêcher une industrie de se renouveler ?
Dans le cinéma, le talent ne suffit pas toujours. L’accès aux producteurs, aux réalisateurs, aux réseaux professionnels et aux premières grandes productions peut jouer un rôle déterminant dans une carrière.
Un jeune acteur peut posséder toutes les qualités nécessaires, mais rester inconnu pendant des années simplement parce qu’il n’a pas rencontré la bonne personne au bon moment.
À l’inverse, un professionnel expérimenté qui accepte de transmettre son savoir peut contribuer à faire émerger toute une génération de nouveaux artistes.
Créer des rivaux ou construire l’avenir ?
C’est finalement la grande question posée indirectement par Zubby Michael.
Faut-il considérer le succès d’un protégé comme une menace ou comme une victoire ?
Pour certains professionnels, voir un ancien protégé devenir un concurrent pourrait effectivement être difficile à accepter. Mais pour une industrie aussi importante que Nollywood, la transmission reste essentielle.
Chaque nouvelle génération d’acteurs, de réalisateurs, de scénaristes et de producteurs peut apporter de nouvelles idées, de nouvelles histoires et de nouvelles façons de toucher le public.
Le véritable défi serait donc de parvenir à transformer la concurrence en moteur de croissance plutôt qu’en raison de bloquer les talents émergents.

Les déclarations de Zubby Michael restent toutefois son analyse et ses allégations personnelles. Elles ne permettent pas d’affirmer que tous les dirigeants de Nollywood, ou tous les professionnels Igbo, adoptent ce comportement. Aucun élément présenté dans les rapports consacrés à son interview ne permet non plus d’établir une pratique généralisée.
Mais son intervention a le mérite de poser une question qui mérite d’être entendue :
Lorsqu’un professionnel refuse de transmettre son savoir par peur d’être dépassé, protège-t-il réellement sa carrière ou empêche-t-il simplement l’industrie de découvrir sa prochaine grande star ?
Pour Zubby Michael, le danger est réel. Et si ses propos continuent de susciter autant de réactions, c’est peut-être parce qu’ils touchent à une réalité universelle : dans tous les domaines, ceux qui sont au sommet doivent un jour décider s’ils veulent simplement conserver leur place… ou contribuer à préparer ceux qui viendront après eux.
